À lire

La promenade du couvre-feu

La promenade du couvre-feu

17h59. Plus le droit de se promener nulle part, à part dans les livres. Et voilà que tombe du ciel La vie en relief, le tout nouveau roman de Philippe Delerm. On ouvre, on tourne la première page, et la promenade commence.

Une promenade qui traverse tous nos âges : en lisant ce livre, on a 12 ans, et on se perd à table dans une rêverie secrète, au milieu des conversations des adultes. On a 15, 20, 45 ans, et on se délecte de la clameur rassurante de la foule, juste avant le coup d’envoi d’un match de football. On a 10, 30, 50 ans, et on savoure un soir d'été un moment prolongé avec ceux qu’on aime, au dîner, à prendre un énième café. La vie en relief  raconte ce sentiment qu’on a parfois de vivre un instant qui convoque tous les âges de notre existence – l’enfant, l’adulte et la personne d’âge mûr que nous sommes, tous rassemblés en quelques minutes d’une intensité inégalée.

Au gré des mots et des souvenirs de l’auteur, on contemple, on se souvient, on se perd, on s’émeut. On vit (un peu) par procuration ces moments de joie, de proximité et de chaleur dont la pandémie nous prive. On attrape la vie dans ses détails minuscules mais géniaux, dans ses sensations les plus universelles et infimes.

Et soudain, tous les petits miracles du quotidien reprennent un peu de sens, et on n’a plus vraiment envie de s’endormir.

La vie en relief, un livre de Philippe Delerm, aux éditions du Seuil, 17,50€

Derniers articles